Posts tagged: République

déc 15 2011

Condamnation de Jacques Chirac – communiqué

La décision de condamnation de l’ancien Président de la République est un soulagement pour tous ceux qui se sont battus contre l’impunité présidentielle, maladie chronique et dangereuse du régime de la Ve République.

Cette décision est justifiée en raison de la gravité des faits que je me suis employé à caractériser il y a 10 ans.

Cette condamnation servira d’avertissement sérieux à celui parmi ses successeurs qui serait enclin à abuser d’une fonction qui n’est plus désormais au dessus des lois de la République.

 

Arnaud Montebourg

sept 21 2011

Reprendre Valmy aux Le Pen

Hier, je me suis rendu à Valmy avant de tenir une réunion publique à Reims. Valmy, c’est le symbole du sursaut de la décision pour le peuple français, c’est le moment, où, sur cette colline de Champagne, le peuple décide de se constituer en nation civique, en nation contractuelle. Le lendemain la République est proclamée. C’était les 20 et 21 septembre 1792.

N’en déplaise à Marine Le Pen, la nation française repose sur des bases contractuelles et non ethniques. Seule l’adhésion aux clauses du contrat républicain conditionne l’accès à la citoyenneté, pleine et entière, et l’appartenance à la communauté nationale. Notre communauté nationale est inclusive, elle n’implique pas la violence du déracinement ou du renoncement aux attaches et c’est justement ce qui fait sa force. Il est trop simple de pointer du doigt l’origine, la religion, les mœurs d’une partie de nos concitoyens pour justifier les difficultés que connaît l’unité de notre République. Nous devons résister à la tentation du repli qui s’effectuerait autour d’une identité fantasmée. Qui donc d’ailleurs, pourrait, sans démagogie, définir selon des traits figés ce qu’est un « Français » ?

L’apparente « crise » de l’unité républicaine résulte de deux phénomènes étroitement liés : l’incapacité de notre classe politique à proposer un projet politique derrière lequel pourrait s’unir la nation et la désagrégation lente du lien social alimentée par la logique de division et de confrontation propre au sarkozysme.

La République que je porte est au contraire celle du dépassement des particularismes dans le cadre d’un nouveau projet politique.

La République que je porte est celle de l’apaisement et de la réconciliation après les guerres inutiles.

La République que je porte est celle de l’intransigeance sur l’éthique publique et les privilèges.

La République que je porte est celle du renouveau institutionnel replaçant au cœur de ses préoccupations le citoyen.

La République que je porte est enfin celle de la volonté politique, la seule à même de façonner notre avenir commun.

Ethique, inclusive et volontariste, voilà l’idée que je me fais de la République.

août 12 2010

Le pouvoir se « frontnationalise »

Entretien paru dans Libération mercredi 11 août 2010 et réalisé par MATTHIEU ECOIFFIER et FRANÇOIS WENZ-DUMAS

Député et président socialiste du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, 47 ans, a été l’un des dirigeants politiques les plus fermes dans la dénonciation de l’affaire Woerth-Bettencourt.

Le remaniement annoncé peut-il permettre à Nicolas Sarkozy d’inverser la vapeur ?

Aucun changement d’équipe ne peut apporter de réponse à la situation politique créée par ce profond discrédit et cette atteinte morale qui frappe les dirigeants de notre pays. Jamais un gouvernement de droite n’était allé aussi loin dans la brutalité, par ses méthodes et ses choix de défendre les intérêts d’une toute petite partie de la population : fortunée et ultraprivilégiée, elle le soutient coûte que coûte et on sait désormais qu’elle finance massivement son action. Et cette droite s’est fermée à toute possibilité de compromis en combattant jusqu’à l’insulte les syndicats sur les retraites, les médias et les magistrats sur le scandale Woerth, et l’opposition parlementaire qui dénonce à bon droit son échec cuisant en matière d’insécurité. Read more »

juil 08 2010

La République est discréditée

Entretien paru dans Nice Matin le 8 juillet 2010 – Propos recueillis par André Fournon

Lorsque les amis d’Éric Woerth accusent les députés socialistes d’acharnement, d’être “ excités par l’odeur du sang ”, comment réagissez-vous ?

Ma réponse c’est de rappeler que les hommes ne sont pas particulièrement en cause mais que le système qui les implique et qui vient d’être mis à nu est politiquement et judiciairement condamnable. Un système de passe-droits fiscaux pour les plus hautes fortunes qui utilisent les paradis fiscaux et les sociétés écran pour frauder le fisc, semblent obtenir néanmoins la complaisance du pouvoir fiscal de l’État, parce qu’elles financent l’UMP. C’est ce que révèlent les dossiers Bettencourt et Wildenstein : l’administration fiscale avait connaissance des fraudes sur une grande échelle de ces grandes fortunes, pourtant, le ministre du Budget, Éric Woerth, n’a ordonné aucune enquête fiscale. Et dans l’affaire Bettencourt, le ministre a même fait un chèque au titre du bouclier fiscal de 30 millions d’euros, comme pour remercier avec les caisses publiques la généreuse bienfaitrice de l’UMP.

Vous parlez souvent d’une crise de régime, d’une république à deux vitesses…

Aujourd’hui, nous sommes en effet fondés à mesurer à quel point le pouvoir, dans sa collusion avec les intérêts, distribue les privilèges fiscaux à ses amis. Dans le même temps, il augmente les impôts Read more »

juin 29 2010

La République indécente

Tribune parue dans Libération le mardi 29 juin 2010

L’affaire Woerth est une démonstration supplémentaire de la collusion insoutenable entre certaines élites politiques et les milieux de l’argent. A la terrasse du Fouquet’s, sur le yacht de Bolloré, dans les salons de Madame Bettencourt, on embauche les épouses des uns et on reçoit des décorations de la République ; on obtient la bienveillante complaisance de ceux qui sont supposés être les gardiens de l’intérêt général et l’on fait en retour des chèques pour aider le parti majoritaire. L’affaire Woerth ne fait que confirmer et illustrer la cassure entre la France consanguine du pouvoir et de l’argent, et la France des gens ordinaires que nous défendons chaque jour, chez qui l’écœurement grandit à mesure que se révèlent les indélicatesses de cette classe dirigeante si éloignée de l’intérêt général. Loin de la méritocratie républicaine qui permet aux plus valeureux de s’élever, ces élites se reproduisent entre elles. Mais à force de consanguinité, elles n’en perdent que davantage le sens de la décence et de la justice. Il y a plus d’un demi-siècle, le 18 juin 1940, un Français parlaient aux Français. En juin 2010, dans notre République des oligarques, les puissants parlent aux plus riches… et ceux-ci leur répondent. Read more »

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