juil 06 2010
COMMUNIQUE
Les révélations de Mediapart, si elles étaient confirmées, démontrent la possibilité de l’existence de délits passibles du Code pénal que pourraient avoir commis le ministre du Travail et le président de la République par des financements illicites de leur accession au pouvoir.
Il n’existe pas d’autre solution désormais pour confirmer ou infirmer ces révélations que de nommer un juge d’instruction indépendant du Gouvernement qui fera connaître la vérité relative à l’éventuelle implication des intéressés.
Le Procureur de la République de Nanterre, lui-même cité dans les enregistrements clandestins, est placé dans une situation de dépendance structurelle à l’égard du pouvoir qui l’empêche sur le plan déontologique de diriger la moindre enquête préliminaire. Il doit se dessaisir et par réquisitoire, saisir un juge d’instruction qui instruira en toute indépendance les faits signalés par l’ancienne comptable de Madame Bettencourt.
Arnaud Montebourg
Député de Saône et Loire
juin 29 2010
Tribune parue dans Libération le mardi 29 juin 2010
L’affaire Woerth est une démonstration supplémentaire de la collusion insoutenable entre certaines élites politiques et les milieux de l’argent. A la terrasse du Fouquet’s, sur le yacht de Bolloré, dans les salons de Madame Bettencourt, on embauche les épouses des uns et on reçoit des décorations de la République ; on obtient la bienveillante complaisance de ceux qui sont supposés être les gardiens de l’intérêt général et l’on fait en retour des chèques pour aider le parti majoritaire. L’affaire Woerth ne fait que confirmer et illustrer la cassure entre la France consanguine du pouvoir et de l’argent, et la France des gens ordinaires que nous défendons chaque jour, chez qui l’écœurement grandit à mesure que se révèlent les indélicatesses de cette classe dirigeante si éloignée de l’intérêt général. Loin de la méritocratie républicaine qui permet aux plus valeureux de s’élever, ces élites se reproduisent entre elles. Mais à force de consanguinité, elles n’en perdent que davantage le sens de la décence et de la justice. Il y a plus d’un demi-siècle, le 18 juin 1940, un Français parlaient aux Français. En juin 2010, dans notre République des oligarques, les puissants parlent aux plus riches… et ceux-ci leur répondent. Read more »