Posts tagged: 2012

jan 26 2012

Communiqué – Lejaby, après la colère, l’espoir

Arnaud Montebourg revient vendredi chez Lejaby à Yssingeaux avec un projet industriel Made in France, inspiré par Assya Hiridjee, co-fondatrice de Princesse Tam Tam.Arnaud Montebourg avait été envoyé par François Hollande pour apporter son soutien aux ouvrières d’Yssingeaux (43), licenciées la semaine dernière. Devant celles-ci, il défendit le savoir-faire des mécaniciennes et les doigts d’or des ouvrières du textile Made in France ; il dénonça les abus de ceux qui achètent pour 1 euro les marques et brevets, puis partent délocaliser la production hors d’Europe dans les pays low cost.

Après une semaine de travail et de contacts, il se rendra à nouveau ce vendredi 27 janvier chez Lejaby à Yssingeaux, à 15h30, accompagné de Madame Assya Hiridjee, co-fondatrice de Princesse Tam Tam, elle-même entourée de ses équipes techniques et financières. Madame Assya Hiridjee, s’apprête à créer une nouvelle marque française de lingerie féminine, et souhaite produire cette lingerie en France, en raison du prestige attaché au Made in France, et du savoir-faire inégalé des ouvrières du textile français. Sa venue à Yssingeaux a pour objet d’examiner les conditions concrètes de reconstitution d’un atelier dans l’usine de Haute-Loire, en mesurer la faisabilité technique et financière et rencontrer les ouvrières Lejaby pour discuter avec elles des conditions de remise en marche d’un outil de travail sur le site Lejaby.

Madame Hiridjee a été comme tous les Français bouleversée par le désespoir de ces femmes qui ont tout donné à leur entreprise pendant des décennies, et ont été jetées de façon indigne de leur usine et victimes d’une délocalisation hors d’Europe. Madame Hiridjee souhaite qu’après l’échec de Lejaby, une nouvelle aventure humaine et économique reparte avec elle sur les lieux du sinistre social d’Yssingeaux. A ce stade, il est encore impossible de dire combien de salariées licenciées pourraient être réembauchées, mais la visite de vendredi a pour but d’ouvrir une table ronde avec les salariées et leurs syndicats, les représentants des Régions Auvergne et Rhône-Alpes afin de progresser vers la réalisation de ce projet Made in France qui servira d’exemple.

jan 20 2012

Montebourg chez Lejaby critique un gouvernement qui n’a « rien fait »

Le socialiste Arnaud Montebourg, envoyé vendredi par François Hollande auprès des ouvrières de Lejaby en Haute-Loire, dont l’usine ferme, a critiqué un gouvernement qui, a-t-il dit, n’a « rien fait » pour empêcher la « désindustrialisation » du pays.

« Nous avons perdu en cinq ans 750.000 emplois industriels, nous avons vu fermer en trois ans 900 usines. Les dégâts sont considérables, le gouvernement n’a rien voulu faire », a-t-il dénoncé devant la presse, après la visite de l’atelier d’Yssingeaux, qui était le dernier du fabricant de lingerie en France.

« Le président de la République est allé dans les usines il y a cinq ans, il a pris les voix des ouvriers et a fait la politique des banques », a-t-il poursuivi, déplorant que le pays se soit « désindustrialisé ».

Le PS propose de « mieux se protéger contre la concurrence mondiale déloyale, mieux se protéger contre les patrons voyous, contre les prédateurs qui reprennent des entreprises pour obtenir des marques et disparaissent pour aller produire ailleurs ».

M. Montebourg, élu de Saône-et-Loire, visait le repreneur de Lejaby, Alain Prost, désigné mercredi par le tribunal de commerce de Lyon, qui garde 194 des 450 salariés en France, au siège à Rillieux (Rhône), et va produire à l’étranger.

« On a trouvé beaucoup d’argent pour financer le système financier en déroute. On ne trouve jamais d’argent pour financer la réindustrialisation de notre pays », a regretté le candidat aux primaires du PS, chantre de la démondialisation, entouré des quelque 90 salariés de l’atelier qui l’ont vivement acclamé.

(source : AFP)

sept 21 2011

Reprendre Valmy aux Le Pen

Hier, je me suis rendu à Valmy avant de tenir une réunion publique à Reims. Valmy, c’est le symbole du sursaut de la décision pour le peuple français, c’est le moment, où, sur cette colline de Champagne, le peuple décide de se constituer en nation civique, en nation contractuelle. Le lendemain la République est proclamée. C’était les 20 et 21 septembre 1792.

N’en déplaise à Marine Le Pen, la nation française repose sur des bases contractuelles et non ethniques. Seule l’adhésion aux clauses du contrat républicain conditionne l’accès à la citoyenneté, pleine et entière, et l’appartenance à la communauté nationale. Notre communauté nationale est inclusive, elle n’implique pas la violence du déracinement ou du renoncement aux attaches et c’est justement ce qui fait sa force. Il est trop simple de pointer du doigt l’origine, la religion, les mœurs d’une partie de nos concitoyens pour justifier les difficultés que connaît l’unité de notre République. Nous devons résister à la tentation du repli qui s’effectuerait autour d’une identité fantasmée. Qui donc d’ailleurs, pourrait, sans démagogie, définir selon des traits figés ce qu’est un « Français » ?

L’apparente « crise » de l’unité républicaine résulte de deux phénomènes étroitement liés : l’incapacité de notre classe politique à proposer un projet politique derrière lequel pourrait s’unir la nation et la désagrégation lente du lien social alimentée par la logique de division et de confrontation propre au sarkozysme.

La République que je porte est au contraire celle du dépassement des particularismes dans le cadre d’un nouveau projet politique.

La République que je porte est celle de l’apaisement et de la réconciliation après les guerres inutiles.

La République que je porte est celle de l’intransigeance sur l’éthique publique et les privilèges.

La République que je porte est celle du renouveau institutionnel replaçant au cœur de ses préoccupations le citoyen.

La République que je porte est enfin celle de la volonté politique, la seule à même de façonner notre avenir commun.

Ethique, inclusive et volontariste, voilà l’idée que je me fais de la République.

mai 13 2011

L’élection se gagnera au peuple

Depuis quelques jours une note de réflexion de la Fondation Terra Nova suscite de vifs débats. Un article d’un grand quotidien du soir a en effet révélé au grand public les prescriptions du think tank présidé par Olivier Ferrand. Mon analyse diffère radicalement de celle de la note de Terra Nova.

 

Je suis élu d’un département industriel et agricole, frappé par la désindustrialisation, par la précarité, par le recul de l’Etat… Je n’oublie pas qu’il y a encore, en France, 60% d’ouvriers et d’employés, même en ayant perdu depuis 1983, 2,5 millions d’emplois industriels. Même si les catégories populaires s’abstiennent massivement aux élections régionales, cantonales ou européennes, je n’oublie pas que le taux de participation a été massif en 2007 parmi elles comme dans l’ensemble du pays. Je n’oublie pas que leur vote est déterminé par la capacité ou non de la gauche à répondre aux causes et conséquences de la mondialisation. La clé de la victoire pour la gauche, dans l’avenir proche comme sur le long terme, c’est le lien qu’elle doit renouer avec ces classes populaires.

 

La gauche ne peut pas se contenter d’être une « non-droite », un corps mort attendant l’alternance ou l’effet essuie-glaces. Le dernier livre d’Eric Dupin le démontre : la France est fatiguée et même meurtrie par la mondialisation. C’est pour représenter cette France majoritaire, périphérique, des zones rurales ou des banlieues, cette France de la jeunesse précaire, cette France qui paye cher son logement, son pavillon, passe toujours plus de temps dans les transports, que je suis candidat aux primaires populaires de la gauche. L’alliance à bâtir c’est celle des perdants de la mondialisation et des créateurs, tous ceux qui veulent un projet alternatif.

 

Oui, l’élection se gagnera au peuple sur des sujets concrets : la réponse à la désindustrialisation, l’égalité entre les hommes comme entre les territoires, la préférence pour les salariés plutôt que pour les actionnaires… Il faut parler aux classes populaires et les associer à un grand projet de transformation. C’est la seule solution pour donner à la gauche les clés de l’action dans la durée…

 

Arnaud Montebourg

sept 23 2010

La rupture est-elle crédible ?

Arnaud MONTEBOURG Député socialiste, président du conseil général de Saône-et-Loire et Alain MINC Economiste, essayiste

Débat « Les controverses du progrès » animé par Max Armanet Retranscrit par Tania kahn et publié dans Libération, no. 9133 Cahier spécial Forum de Lyon Planète durable, jeudi 23 septembre 2010 et diffusé sur France Culture vendredi 24 septembre.


Pour sortir des crises qui nous assaillent, pour rendre notre «planète durable», la transmettre décemment aux générations futures, il faut changer. La cause est entendue. A gauche comme à droite, pas d’avenir politique sans promesse de changement. L’air est connu. Déjà, en 1974, Giscard d’Estaing promettait de «changer dans la continuité». En 1981, François Mitterrand voulait «changer la vie». Jacques Chirac, jura enfin de lutter contre «la fracture sociale». En 2007, pour être entendu, Nicolas Sarkozy a promis la «rupture». De fait, jamais, depuis De Gaulle, on avait autant réformé. Mais les Français paraissent déçus. Dès lors, comment faire pour satisfaire cet appétit de transformation et cette réticence de nos concitoyens aux bouleversements. La rupture est-elle nécessaire ? La rupture est-elle crédible ? Pour nous éclairer sur ce sujet, au coeur du forum de Lyon qui se tient cette année sur le thème de la «planète durable», nous avons réuni Alain Minc, économiste, essayiste, proche de Nicolas Sarkozy, et Arnaud Montebourg, député socialiste, président du conseil général de Saône-et-Loire, et militant pour une rupture institutionnelle. Read more »

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