Revue de presse

Ce week-end, Arnaud Montebourg est revenu sur les enjeux de cette campagne présidentielle dans deux interviews accordées à la presse écrite :

- l’une accordée au Journal Du Dimanche ;

- l’autre accordée au journal Sud Ouest.

Il est également intervenu sur BFM TV 2012 pour y représenter François Hollande. La vidéo de l’émission est disponible en ligne en cliquant ici.

Le texte des deux entretiens à Sud Ouest et au JDD est disponible ci-dessous.

 

Sud Ouest

Arnaud Montebourg : « Ils ont mis le pays à sac »

Le « représentant spécial » de François Hollande ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’attaque au camp sarkozyste, aux patrons de la DCRI et à François Bayrou

En octobre dernier, il fut la révélation de la primaire socialiste, qu’il avait contribué à mettre en place en tant que secrétaire national du PS à la rénovation. Dans cette interview accordée à « Sud Ouest Dimanche », Arnaud Montebourg oublie la langue de bois. Si François Hollande, depuis le début de la campagne, s’est toujours refusé à répondre aux invectives, l’un de ses principaux lieutenants le fait pour lui avec une belle ardeur. En veillant bien à ne pas égratigner Jean-Luc Mélenchon… et sans prendre de gants avec François Bayrou.

« Sud Ouest ». Nicolas Sarkozy semble reprendre du poil de la bête, et le candidat socialiste donne le sentiment de s’essouffler… Êtes-vous inquiet ?

Arnaud Montebourg. Il n’y a aucune raison d’exprimer des inquiétudes. Nous avons des propositions fortes et audacieuses ayant pour objectif d’ouvrir une période nouvelle en France et en Europe, dans un moment historique où la finance a pris le pouvoir sur les entreprises et les États, au point qu’elle veuille gouverner nos pays en lieu et place du suffrage universel. La candidature de François Hollande face à la droite financière de Nicolas Sarkozy est la seule de nature à pouvoir l’emporter, car elle nous garantit un très large rassemblement de nos compatriotes. Il s’agit ni plus ni moins pour la France et pour notre République de se défendre contre la soumission progressive aux marchés financiers et à la mondialisation dans lesquelles les sarkozystes ont placé le pays.

François Hollande va-t-il faire de plus en plus appel à Arnaud Montebourg pour « gauchiser » le ton de son propos ?

Je crois que François Hollande ne s’est jamais départi de son orientation politique de gauche, encore moins de son projet, qu’il qualifie depuis toujours de « socialiste ». Au Bourget, il a déclaré que son « adversaire » était « la finance » et fait des propositions drastiques, draconiennes, pour remettre au pas le système financier afin qu’il soit au service de l’économie et des hommes. Il a rappelé devant les chefs des partis sociaux-démocrates et socialistes européens qu’il exigerait la renégociation du traité punitif budgétaire d’austérité des droites européennes ; il a défendu une stratégie protectionniste contre la concurrence déloyale qui désindustrialise notre pays et l’Europe ; et il propose un contre-chemin de croissance là où les droites européennes organisent partout l’austérité, droites dont fait partie M. Sarkozy, assis sur le porte-bagages de Mme Merkel. Inutile, donc, de « gauchiser » son propos, puisque sa candidature est pleinement de gauche…

François Hollande a-t-il raison de refuser d’entrer dans la polémique, alors qu’il est régulièrement pris pour cible, en premier lieu par Jean-François Copé ?

Les sarkozystes ont ruiné le pays. Ils ont laissé les comptes publics à feu et à sang, dans le rouge écarlate, avec 619 milliards de dettes de plus. Ils ont laissé le commerce extérieur avec des déficits de l’ordre de 70 milliards, un record historique depuis la Libération. En cinq ans, avec 1 million de chômeurs de plus, 350 000 personnes sont passées en dessous du seuil de pauvreté.

Ces gens qui sollicitent un mandat de plus sont des incompétents notoires, car ils ont mis le pays à sac. La candidature de François Hollande est la seule en mesure de les écraser dans les urnes et de les renvoyer à ce qu’ils méritent : la méditation prolongée sur leurs fautes et leurs graves erreurs. Les misérables attaques personnelles de la droite n’ont qu’un seul objectif : faire diversion et tenter de faire oublier un bilan historiquement catastrophique.

Jean-Luc Mélenchon est-il pour le PS un aiguillon, un adversaire, un gros souci ?

L’histoire de la gauche et de ses victoires, depuis le Front populaire en passant par François Mitterrand et la gauche plurielle de Lionel Jospin, c’est le résultat de l’addition des forces et de leur union. Ce n’est pas moi qui ferai des soustractions, et encore moins des divisions. Le danger pour la France, la menace de l’abaissement de la République, c’est Nicolas Sarkozy. Et la plus grande tristesse, c’est cette nouvelle forme de primaire entre deux candidats extrémistes qui font une course d’imitation, à savoir Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Ils utilisent toutes les vieilles ficelles des droites incapables de régler les difficultés économiques et qui jouent de l’immigration ou de l’insécurité alors que les problèmes de Français tiennent à l’économie qui s’écroule et aux fins de mois difficiles.

Vous évoquez l’insécurité. La sécurité, c’est un des axes forts de la campagne du président sortant…

Nous n’avions pas connu le terrorisme depuis vingt ans. Et, en matière de sécurité, le bilan de Nicolas Sarkozy est catastrophique. Montée de la violence, destruction des emplois de policiers et de gendarmes, fiasco de la DCRI dans l’affaire Merah montrant que les chefs du renseignement intérieur préfèrent écouter aux portes des salles de bains des journalistes et éplucher leurs fadettes plutôt que de démanteler les projets salafistes sur le territoire national de la nature gravissime de ceux de Mohamed Merah et de son frère.

Revenons à Mélenchon, qui a déclaré dans « Sud Ouest » qu’il n’y avait que les socialistes pour envisager de « repeindre Bayrou en rose ». Que vous inspire cette remarque ?

Le clivage majeur, dans la période actuelle, qui oblige à choisir son camp – ce que ne veut pas faire François Bayrou -, se situe entre les gens qui triment, n’ayant que leur travail pour vivre, avec les fins de mois qui commencent le 15 – en clair, les classes moyennes et populaires – et, de l’autre côté, la finance, sa cupidité, ses rémunérations délirantes, son système spéculatif et ses banques. La seule question intéressante aujourd’hui, c’est « qui paiera le prix de la crise ? ». Avec François Hollande, nous voulons protéger les classes moyennes et populaires et faire payer les banques et le système financier. À l’inverse, Nicolas Sarkozy est allé dans les usines en 2007 pour prendre les voix des ouvriers… avant de s’en servir pour protéger les banques et servir les intérêts de ses amis financiers assis à sa table du Fouquet’s.

M. Bayrou n’a jamais été capable de dire avec précision qu’il préférait défendre les peuples plutôt que la finance. Voilà pourquoi son absence de clarté le discrédite dans ce chapitre de l’histoire de France qui va s’écrire désormais avec le suffrage universel des Français.

***

Le Journal du Dimanche

Montebourg : « On peut négocier avec Jean-Luc Mélenchon »

INTERVIEW – Arnaud Montebourg, l’ex-troisième homme des primaires, est représentant spécial de François Hollande.

La percée de Jean-Luc Mélenchon est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle pour François Hollande?

L’histoire des gauches depuis le Front populaire, c’est l’histoire de leur union. Nous avons l’habitude d’additionner pas de soustraire. Quand la gauche se désunit, elle perd. Quand elle s’unit, elle gagne. Nous nous retrouvons dans la configuration de la victoire de 1981. Georges Marchais avait fait environ 15 % et François Mitterrand, 26 %.

Comme en 1981, pour gagner, il ne faut pas nécessairement que le candidat de gauche arrive en tête au soir du premier tour?

Ce n’est pas nécessaire. Une élection, ce n’est pas qu’un tour. Mais nous avons besoin de puissance, de rassemblement. Le bon bulletin de vote, c’est le bulletin François Hollande, le seul qui puisse nous faire gagner, et qui a pour objectif d’écraser Nicolas Sarkozy et d’infliger à la droite financière une défaite historique. Cinq ans de plus de Sarkozy, ce serait pour la France un coulage définitif.

«La présidentielle n’est pas une élection de fabrication de programme»Mélenchon souhaite négocier, quand Cahuzac dit que le programme de Hollande, c’est à prendre ou à laisser…

Il ne faut pas se tromper d’élection. La présidentielle n’est pas une élection de fabrication de programme. C’est une élection qui sélectionne le chef de l’État. Les législatives ont pour objectif de construire l’union des programmes. C’est dans ce cadre-là que l’on peut négocier avec Jean-Luc Mélenchon et les partis composant le Front de gauche.

Des négociations après la présidentielle?

Elles seront naturelles et se feront avec l’ensemble des partis de gauche qui auront soutenu le candidat PS au deuxième tour.

Mélenchon parle d’une « rigueur de gauche » concernant le programme de Hollande quand lui veut faire de la relance. Deux lignes incompatibles?

Nous ne défendons pas une rigueur de gauche. La dette est un problème pour tout gouvernement de gauche car, lorsque vous remboursez les dettes, vous ne pouvez plus faire de projets. La question est de savoir qui va payer la dette himalayenne léguée par l’incompétence des sarkozystes. Notre proposition, et je pense que Jean-Luc Mélenchon l’approuvera, est de faire payer le système financier et les marchés financiers pour rembourser la dette qu’ils ont provoquée.

Où sont les éléments de convergence avec Mélenchon?

C’est d’abord la confrontation inéluctable entre les peuples et la finance. Nous sommes du côté des peuples, là où Nicolas Sarkozy est du côté de ses amis les financiers, qu’il avait invités à la table du Fouquet’s. Il y a ensuite une volonté commune de renégocier le traité européen « austéritaire » mais nous n’avons pas besoin de référendum pour dire que nous refusons ce traité destructeur de l’économie européenne. Nous proposons une contre-stratégie : celle de la croissance, de la réindustrialisation du pays, d’un protectionnisme tempéré et d’une croissance verte. Il y a aussi des désaccords avec Jean-Luc Mélenchon, comme sur le smic. Bien sûr, nous sommes pour l’augmentation du smic. Mais ce n’est pas pour nous le bon outil de pouvoir d’achat car il ne concerne que 13% des salariés.

«François Bayrou est pour l’instant du côté de la finance»Mélenchon dit : impossible d’avoir le Front de gauche et Bayrou dans le même gouvernement. Que lui répondez-vous?

François Bayrou est pour le moins dans une connivence nouvelle avec Nicolas Sarkozy, malgré la dérive extrémiste du sortant. Dans la bataille entre les peuples et la finance, Bayrou est, pour l’instant, du côté de la finance. C’est le clivage majeur dans la période actuelle. Mais je n’en dirais pas autant de ses électeurs.

Mélenchon ne fait-il pas plus rêver la gauche que Hollande?

Il y a dans le projet de François Hollande des audaces qui nous permettront d’écrire enfin une autre histoire de notre pays. C’est un rêve raisonnable et raisonné. Il est même parfois recommandé de faire preuve parfois de modération pour que le rêve puisse enfin se concrétiser!

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27 Réactions

  1. Remarque au sujet de Hollande par exemple : comment peut-on appeler à voter utile au premier tour et être favorable à une certaine dose de proportionnelle. (Je suis pour une bonne dose)
    Voter utile = parti unique, au moins à gauche. Quelle horreur !

  2. le vote utile est celui qui correspond le mieux à l’attente des votants.si ça va mal c’est que ceux qui ne votent plus ont mal très mal voté durant des années et aujourd’hui ils râlent. ce midi j’ai un peu regardé la 1 et j’ai vu la fillette tuée dans un lieu de culte. les gens sont quand même tombés sur la tête des religions il en existe assez et parait-il qu’il n’y a qu’un seul dieu. que recherchent donc ces gens ? et la pub que j’ai bien aimé pendant un instant je suis le patron je vote. combien vont s’inspirer de cette devise pour exprimer cette si belle opportunité de choisir comment ils seront mangés découlant de notre démocratie.suffrage à la majorité ou à la proportionnelle ce sont toujours les minorités qui gouvernent.pourtant si cent pour cent des citoyens exerçaient leur devoir les minorités n’auraient plus à revendiquer,puisqu’il y aurait enfin une vrai majorité

  3. quel silence vivement dimanche

  4. Les marchés financiers menacent de s’attaquer à la France, pourquoi vouent-ils une telle haine à notre pays?

    Réponse sur ce lien: http://lespoir.jimdo.com/2012/04/11/la-haine-de-la-france/

  5. Monsieur Montebourg, j’ai lu lors de votre visite sur la côte basque, vous avez êtes aller boire un verre à l’Hôtel du Palais (Résidence d’Eté des souverains d’Espagne).
    Lors de son séjour à Bayonne a risqué sa vie en se rendant dans les petites ruelles du quartier Basque de Bayonne alors que le Maire Jean Grenet avait voulu l’en dissaduer.
    Notre Président a voulu se montrer Héroïque face à une foule hostile.
    Heureusement, il est encore en bonne santé

  6. Oui, monsieur Montebourg, une autre Europe, plus solidaire. Mais François Hollande ne réussira pas, selon moi, par les temps qui courent, si un peuple français informé et confiant ne le soutient pas. Et par soutien, je n’entends pas seulement l’histoire d’un vote d’un jour – et après terminé !
    Et justement, c’est la question que l’on peut se poser : à quel genre d’homme a-t-on affaire ? Quels seront ses rapports avec les Français ? Est-ce qu’on aura encore droit à des faux-semblants, de la démagogie et des dissimulations constantes ?

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