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Les marchés financiers contre la démocratie

Etonnante évolution historique. Ce n’est pas la gauche qui a congédié Silvio Berlusconi mais les marchés financiers. Ce sont aussi eux qui ont congédié George Papandreou, le Premier Ministre socialiste grec. A chaque fois, le même scénario se met en place : un gouvernement technique ou « d’union nationale » se met en place. En Grèce, il comprend, sous la direction de l’ancien Vice-Président de la BCE, Monsieur Papademos, un petit parti d’extrême droite orthodoxe et antisémite : le LAOS. En Italie, c’est l’ancien Commissaire européen, Mario Monti, proche de la droite italienne, qui devrait composer un gouvernement technique  pouvant intégrer ou cherchant le soutien de toutes les composantes de la vie politique transalpine, des anciens du MSI comme Monsieur La Russa au « centre-gauche » en panne d’idées et de stratégie. Une fois de plus, alors que certains voulaient revenir aux urnes, une sorte de consensus des élites a abouti à la constitution d’un gouvernement technique mais nullement à la consultation des citoyens.

 

L’écho du « lâche soulagement » des élites devant la composition de ces gouvernements techniques trahit la profonde incurie qui préside désormais aux destinées de l’Union européenne. Je rejoins quant à ce point, le diagnostic déjà formulé par mon ami Emmanuel Todd d’une hostilité croissante de nos élites envers la démocratie. Récemment, nous avons vu naître des polémiques relatives à la possible organisation d’un référendum en Grèce. Les opposants d’hier à ce référendum préfèrent voir aujourd’hui l’extrême droite accéder au gouvernement grec pour la première fois depuis… la chute des Colonels en 1974. Personne ne réagit. Les démocrates sont atones. Pis, certains semblent se satisfaire de la situation…

 

Si les démocrates eux-mêmes ne croient plus aujourd’hui à la démocratie, qui demain la défendra ? Si la voix du peuple est à ce point insupportable que le recours aux élections devient illégitime aux yeux de nos élites gouvernantes qu’adviendra-t-il de nos systèmes démocratiques ?

 

Le courage c’est de dire la vérité a enseigné Jaurès qui pressentait voici tout juste un siècle l’immense conflagration qui devait ouvrir l’histoire du XXème siècle. La vérité aujourd’hui est assez dramatique. Nous avons déjà vu la profonde incurie dans la gestion de l’Euro. Aucune réforme des statuts de la BCE permettant de monétiser la dette. Aucune audace économique. Au contraire, le discours de notre Premier Ministre s’apparente à un discours de contrition nous incitant à payer pour nos péchés. Aujourd’hui, la situation est encore plus que préoccupante. Non seulement, nos gouvernements sont inaptes à faire face à la crise financière mais en plus elles semblent se détacher de plus en plus de l’idée démocratique.

 

A la Gauche française d’être à la hauteur de l’histoire : Apporter les réponses à la crise financière et donner une perspective démocratique à notre peuple. Sans quoi, je le crains, l’avenir risque d’être sombre.

 

Arnaud Montebourg

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62 Réactions

  1. La chasse au ZABU : Le bateleur Sarkozy gesticule contre la fraude aux prestations sociales
    Par Raymond Mari
    Lundi 21 novembre 2011
    Permalien vers cet article
    Le ZABU est un animal mythique dont les ravages sont bien connus. Il rampe dans l’ombre et s’attaque à la cohésion sociale. Il dégage une odeur nauséabonde de calomnie. Ces effluves hallucinogènes étourdissent les hommes, estompent les réalités et érigent des fictions vis-à-vis desquelles se focalise l’insatisfaction de la foule.

    Le ZABU ne se chasse que sur les terres du voisin. En meute. Au sein de laquelle on peut échapper à ses propres responsabilités et, dans la dénonciation et la poursuite du bouc émissaire, rejoindre le groupe des justes et des responsables.

    La chasse au ZABU est déclenchée par quelque bateleur qui harangue la foule, la détourne du rationnel et la lance dans l’âpre bataille contre les moulins à vent. Le bateleur aime le pouvoir. En se désignant comme le champion de la vertu et en organisant la lutte contre le vice, il subjugue la population et l’asservit.

    Outre les bénéfices qu’ils espèrent en tirer sur le plan électoral, les détracteurs de la protection sociale collective saisissent toutes les occasions pour la présenter comme un encouragement à l’irresponsabilité.

    Quand ils ne sont pas des fraudeurs, le chômeur, le malade, le pauvre sont réputés parasites, victimes de leur faiblesse et accusés de mettre en danger la collectivité des braves gens.

    Tout ceci relève de l’imposture.

    Dans son rapport sur la Sécurité sociale en 2010, la Cour des comptes estimait les fraudes à la Sécu représenteraient 1 % de la totalité de sommes versées.

    En réalité, dans l’assurance maladie, en 2008, les redressements consécutifs à des fraudes représentaient 0,1 % des prestations servies. Encore faut-il savoir que la majorité de ces redressements étaient imputables à des établissements hospitaliers et à des professionnels de santé.

    En matière d’allocations familiales, les fraudes détectées en 2010 s’élevaient à 0,15 % des prestations servies.

    Les fraudes existent. C’est indéniable. Il faut les éradiquer. Mais elles sont marginales. Les abus eux sont importants, notamment dans un appareil de production des soins dépourvu de régulation où le consommateur (le malade) a une très faible influence. Pour y remédier, il faudrait une profonde réforme du système en conférant à la santé le statut de service public.

    Mais pour en revenir à la fraude et s’y attaquer avec efficacité, ne serait-ce pas le moment de s’intéresser au travail dissimulé dont l’ACOSS (gestion financière de la Sécu) a évalué le coût annuel entre 15 et 18 milliards de cotisations sociales évaporées ?!

    Avis au bateleur qui espère trouver quelques millions d’euros dans la répression de ceux qui sollicitent l’indemnisation de leur arrêt de travail.

    par Raymond Mari
    commission Santé de l’UFAL

    Voir tous les articles de Raymond Mari
    Pour réagir à cet article,
    écrire à : courrier-des-lecteurs@ufal.org

  2. 67 ans à l’Assemblée? Qu’est-ce que ce mêle-toutisme?? D’où vous vient ce désir d’attenter à un droit du peuple souverain?
    Vous devriez imposer une limite entre 47 ans et 51 ans. Vous me faites penser aux milieux autorisés de Coluche.

  3. nous oublions tous que la première crise financière s’est produite en islande. par vote démocratique les isandais ont refusé de payer. ils ont eu raison mais comment leurs banques ont-elles survécu?

  4. Les Islandais lors de 2 referendum ont refusé de renflouer leurs banques,de payer pour les épargnants Britaniques et Néerlandais.La Cour Suprême D’Islande a donné raison au peuple,et a déclaré leurs prêts à taux variables,et l’augmentation des taux d’intérêt,illégaux.Je crois qu’une des banques a été vendue pour apurer une partie de la dette.Il y a eu dévaluation,certes,mais le pays remonte la pente,et renoue avec une croissance à 2,5%.
    Il est difficile de transposer chez nous,mais au moins,la décision populaire est respectée dans ce petit pays.

    Quand Mr Fillon,dit que le dernier plan d’autérité mis en place,est le plus drastique depuis 1945,il n’est drastique ni pour les Ministres,ni pour les députés,les sénateurs,ni pour les habitants du chateau.
    Il eut été plus judicieux de parier sur un plan de relance ambitieux,plutôt que sur l’austérité:plus le pouvoir d’achat baisse,plus les déficits se creusent.Et mettre en place,dés 2008,un plan de restructuration de l’Etat et des institutions:presque 1000 députés et sénateurs,pour 65 millions d’habitants,alors qu’aux US,il y en a trois fois moins,pour 300 millions d’habitants.Ca ça aurait eu de l’impact sur les agences de notation:une réelle volonté affichée de réduire les dépenses publiques.

  5. eh bien oui il faut absolument prendre l’exemple de l’islande.il y a beaucoup d’&lus en france tous gracement payés et eux ne renoncent à rien.il y a la pourtant une grosse économie à faire sans les mettres dans l’ambarss mais personne ne soumet cette hipothèse.privé les gens de pouvoir d’achat c’est forcément porté un coup à l’économie du pays si l’on a pas d’argent on dépense moins il faut produire moins.si c’est du made china ce n’est évidemment pas grave mais nous produisons bien encore quelque chose en france.oui l’islande remonte la pente et est repartie à la croissance c’est bien la preuve qu’il existe d’autres pistes économiques pourquoi la gauche ne fait pas campagne sur ce terrain et pourquoi coppé nous bourre le mous qu’il n’y a que leur solution de bonne se serrer la ceinture au point qu’elle se touche et que tous les autres sont des imbéciles même avec leur proposition de moraliser la crise que moi je refuse d’admettre car il y a trop longtemps que j’en entend parler .une crise ne peut pas durer éternellement à moins de vouloir en faire absolument la règle.je trouve tous les politiques birn démuni devant ce pouvoir de l’argent qui les met en dehors du besoin mais qui les éloigne des besoins de leurs électeurs.

  6. AGENCE FRANCE TRESOR | Quand la finance internationale gère la trésorerie de l’État

    Devinette : Qui gère le Trésor de la France ? L’État ? Non. Le ministère de l’Économie ? Perdu. C’est l’Agence France Trésor (AFT).

    http://c1point2vues.blogspot.com/2011/11/agence-france-tresor-quand-la-finance.html#more

  7. ça nous sommes nombreux à l’avoir compris, mais combien etes vous pour le dénoncer haut et TRES FORT. vous avez tous peur de quoi??? hollande en tete de file, effaroucher les electeurs FN, UMP ça fait combien ça par rapport à toute la vraie gauche! Et puis OK y’a le péché originel du libéralisme socialiste des années 80 et bien faute avouée peut etre a moitié pardonnée si on y met du sien !!!!

  8. Avant de s’attaquer au pouvoir,la gauche ferait mieux de balayer chez elle.Voici les propos tenus par Sirugue envers Montebourg.Quelle belle entente!Qu’Arnaud MONTEBOURG, champion du non cumul des mandats mais Député et Président du Conseil Général pendant 4 ans ait choisi de ne pas se représenter sur sa circonscription, sans doute plus par crainte du suffrage universel que par abnégation, cela le regarde.
    Qu’il en appelle au respect des règles du Parti socialiste alors qu’il s’en est souvent affranchi, nous y sommes habitués.
    Mais, le temps des seigneuries est terminé depuis longtemps et les candidats n’ont pas à être jugés par quiconque mais désignés par les militants. Arnaud MONTEBOURG est Président du Conseil Général de Saône-et-Loire et que Président du Conseil Général. Il ne lui revient pas de décider à la place des autres de ce qui sera fait sur les différents territoires du département.
    Avant de crier victoire, il y a une présidentielle à gagner, des législatives à remporter et ces scrutins exigent plus d’unité que de discours prospectifs hasardeux, dès lors,pour moi, ces élucubrations n’engagent que leur auteur.

    Christophe Sirugue
    Député-maire de Chalon-sur-Saône

  9. Bonjour Arnaud,

    Que pensez-vous de Jacques Cheminade?
    Il souhaite le Glass-steagall comme condition d’un nouveau départ.
    Son propos est cinglant, aussi et il a une vision pour l’avenir.
    Ca serait bien que vous alliez vos forces à la sienne.En tout cas, son discours est convainquant.

    Merci pour votre enagement opiniâtre.

    Béatrice

  10. je reprends vos propos : « A la Gauche française d’être à la hauteur de l’histoire : Apporter les réponses à la crise financière et donner une perspective démocratique à notre peuple. Sans quoi, je le crains, l’avenir risque d’être sombre. »
    Et j’ai envie de vous dire…oui mais, quelle gauche ? le PS est-il vraiment de gauche ? Une chanson vous va à ravir, Monsieur Montebourg ! « paroles, paroles, paroles… » Avec Hollande au pouvoir, oui, l’avenir risque d’être sombre. vous y croyez vraiment, vous, à Hollande ? Sans rire !

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