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« Démanteler les agences de notation privées, véritables dangers publics » – Communiqué

La dégradation de la note de la dette publique américaine par une agence de notation constitue une attaque supplémentaire et inadmissible des marchés contre les Etats, contre leurs libres choix démocratiques et leurs contribuables.

La pauvreté des réactions, l’incapacité et l’impuissance des gouvernants des pays membres de la zone Euro devant les marchés et les agences de notation, qui continuent à faire danser les Etats sur la musique de leurs insatiables exigences, est liée à l’idéologie aveuglante de ces dirigeants qui préfèrent faire payer leurs propres peuples plutôt que de faire payer les marchés et les institutions financières responsables de la crise.

Depuis presqu’un an, je propose avec constance un démantèlement des agences de notation, devenues des dangers publics, complices des marchés dans la crise économique et financière, tant il n’est plus à démontrer qu’elles portent des appréciations erronées et trompeuses.

Je propose qu’une loi nationale prohibe pour conflit d’intérêt et atteinte à la déontologie toute expression d’évaluation financière rémunérée par un acteur d’un marché quelconque ayant le moindre intérêt dans une telle évaluation. Cette interdiction serait passible d’amendes civiles en rapport avec les conséquences de l’atteinte.

Par ailleurs, l’Europe doit parallèlement organiser la création d’une agence de notation publique européenne. Elle serait indépendante, transparente et déconnectée des intérêts privés.

L’impact des notes données par les agences de notation et la chute historique des bourses depuis une dizaine de jours montrent les dangers de marchés spéculatifs contre lesquels aucune espèce de mesure coercitive n’a été prise par aucun pays européen. Il est aujourd’hui plus nécessaire encore qu’hier que l’Europe réalise un acte fort de souveraineté et de protection des peuples contre la spéculation et la volatilité irrationnelle des marchés. Pour cela, j’ai déjà fait deux propositions que la situation rend chaque jour plus actuelles :

1- le rachat par la banque centrale européenne des dettes générées par la crise, la mutualisation de celles-ci et leur gestion par une agence européenne de la dette car chaque pays européen ne peut rien isolément contre la spéculation.

2- Les gouvernements européens devront enfin se décider à taxer les transactions financières pour rembourser la dette créée par la crise. La reconquête de l’indépendance financière de l’Europe est la seule condition crédible et viable pour sortir raisonnablement de la crise.

Arnaud Montebourg

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40 Réactions

  1. Cher Arnaud, si c’est la vérité que dénonce J.Luc Mélanchon « … Je suis affligé par le consensus qui s’installe entre le PS et l’UMP sur les mauvaises solutions d’austérité. Les deux sont désormais d’accord sur l’objectif fixé par Nicolas Sarkozy de revenir à 3 % de déficit dés 2013. » Cela m’afflige aussi, je suis perdue comment pouvez-vous rester encore dans ce parti sans aspérités, mou et peureux,qui est capable de voter la « règle d’or » et se fourvoyer, comme d’habitude. Je vous fais confiance, qu’attendez-vous pour rejoindre J.Luc? Le geste aurait du panache. Contre Sarkozy et ses sbires, il faut une armée de volontaires. Il y en a mais certainement pas au P.S Amicalement Marie Fourment

  2. Il semble que unanimité s’exprime sur la sujet suivant, pour lequel vous ne vous exprimez jamais : pourquoi ne vous ralliez vous pas aux idées de JL Mélenchon ? Le PS ne représentant pas une alternative crédible à la gouvernance actuelle (pas assez différent) ayez le courage, comme JL Mélenchon ou même comme JP Chevènement d’une certaine manière de couper les ponts.

  3. Bonjour,
    Pour compléter l’idée de Mirabelle, je popose que les électeurs (comme moi) de JL Mélenchon participent au vote des primaires socialistes en faveur d’Arnaud MONTEBOURG. S’il ne gagne pas les primaires, je voterai alors pour Mélenchon, s’il les gagne j’aurai un petit dilemne à régler mais je pense que je voterais Montebourg.
    Je propose cette idée autour de moi en incitant mes amis non socialistes mais bien à gauche de peser sur ces primaires en votant. Faites en de même et nous pourrions avoir de belles surprises en octobre.
    Amicalement

  4. L’heure n’est plus a la mutualisation des dettes publiques européennes mais à l’annulation des dettes injustes. Georges Soros et les marchés financiers militent en faveur des eurobonds pour finir de ruiner l’Europe.Le système est entrain d’imploser et il n’y a plus de pilote dans l’avion. Il ne tient qu’a vous de prendre les commandes avec de bons co-pilotes. M Todt en est un, je vous encourage à regarder également du coté de M Paul Jorion.

  5. Bravo! Je trouve votre proposition excellente!
    D’ailleurs si je peux me permettre, j’aimerais vous faire part d’une idée qui m’est venue et qui pourrait peut-être aussi aider à construire la nouvelle france :
    Je pense qu’on pourrait aussi démanteler la presse privée, dont il n’est plus à démontrer qu’elle porte des appréciations erronées et trompeuses*, et la remplacer par un journal publique européen, qui serait indépendant, transparent et déconnecté des intérêts privés.

    * On n’y compte plus les erreurs dans les prévisions météorologiques ni les mises en doutes de la possibilité d’équilibrer les comptes publics, qui sont autant d’attaques inadmissible des marchés contre les Etats, contre leurs libres choix démocratiques et leurs contribuables.

  6. Bonjour Arnaud. Tout d’abord permettez-moi de vous remercier de m’avoir redonner un peu d’espoir dans la capacité du PS de se renouveler et de dépasser le fatal social libéralisme qui domine ce parti depuis de trop nombreuses années (mais si je reste encore très sceptique). Concernant le thème de cette discussions, je ne comprends pas l’intérêt même d’une agence de notation, quand bien même elle serait « publique » : ne vaut-il pas mieux s’en passer tout simplement. Le peuple souverain élit un gouvernement et une assemblée (nationale ou européenne un jour peut-être) en charge de mettre en oeuvre une politique, économique entre autres, et ce même peuple doit avoir les moyen (et à le devoir) de contrôler cette mise en oeuvre. Je ne vois pas en quoi une instance extérieure aurait quelque droit de regard sur cela, et dans quel but…

  7. Lorsqu’il a été décidé par le groupe McGraw-Hill (dont Standard & Poors fait partie) que le président de Standard & Poors, Deven Sharma serait remplacé par le directeur d’exploitation de Citibank le 12 septembre, le PDG du groupe a souligné la forte croissance tant de McGraw-Hill Financial (dont l’indice S&P 500 de la bourse de New York) que de « nos services de notation de crédit ». (AFP 21-08-2011)
    Un « baromètre de la situation financière » ne multiplie pas ses profits entre 2007 (année de l’entrée en poste de Sharma… et du début de la crise sur Wall Street) et 2011.
    S&P tout comme Moody’s note sur contrat, dépense déductible par la grande société qui paie ses services, la quasi-totalité des principales institutions financières du district des affaires new-yorkais. Ces sociétés se servent du rapport de S&P (et/ou de Moody’s) sur leur solvabilité comme publicité pour attirer des investisseurs.
    Question pour voir si vous avez suivi : quel pourcentage des sociétés embauchant elles-mêmes (et non pas un concurrent, par exemple) S&P et/ou Moody’s reçoivent une mauvaise note, une décote ?
    Question subsidiaire : quel pourcentage de pays notés par S&P et/ou Moody’s (et/ou Fitch) les embauchent eux-mêmes ; quel pourcentage par leurs principaux créanciers ? Indice : les réponses sont dans le texte.

  8. Heureuse époque,le temps où le Général disait: » la politique ne se fait pas à la corbeille »!

  9. Les banques centrales indépendantes ? Avez-vous noté les articles dans les journaux sur l’appui RÉEL donné par la Federal Reserve Bank des Etats-unis aux sociétés financières de Wall Street entre 2007 et 2010 : 1 200 milliards de dollars, soit 500 milliards de dollars de plus que permis par le Congrès et le Président. L’ancien de Goldman-Sachs qui dirige la Fed a pris cette décision tout à fait indépendamment des désirs de ses anciens collègues, bien évidemment. Tout comme quand, de concert avec un autre ancien de Goldman-Sachs, Henry Paulsen, le Secrétaire au Trésor du Bush, ils ont permis à Lehman Bros. (le concurrent historique de Goldman-Sachs) de tomber avant de voler au secours de G-S, American International Group et deux-trois autres cadors.
    Pourtant la Fed est citée en exemple lorsqu’il s’agit de fonder des banques centrales « indépendantes ». On se demande pourquoi…

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