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Chômage : les raisons de la colère

Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est la démocratie qui est cette fois menacée, car les progrès de l’audience du Front National dans le pays sont aussi graves que spectaculaires et son accession possible au pouvoir est désormais dans toutes les têtes.

 

Prenant la mesure de la gravité de la situation peut-être serait-il nécessaire que nos dirigeants cessent de commenter ce que fait ou dit le FN, comme ces gloses à l’infini sur la manifestation du 1er mai ou sur l’exclusion de Jean Marie Le Pen, ou que cesse encore cette culpabilisation inutile et inefficace des électeurs dans cette « lutte » purement verbale et artificielle « contre » le Front National. Faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience n’a aucun effet. On serait au contraire bien avisé d’agir sur les causes réelles et profondes qui rendent possibles la puissante progression du FN et jettent des millions de Français dans ses bras : l’explosion du chômage, la hausse de la pauvreté et la montée du sentiment de vulnérabilité dans presque toutes les couches de la société française.

 

L’absence de croissance est désormais considérée par les Français comme un sous-produit politique -dont ils sont les victimes directes- de cette austérité idéologique et fiscale sans précédent décrétée par l’Union Européenne et docilement exécutée par le Gouvernement actuel de notre pays. Les pertes de pouvoir d’achat pour les classes moyennes, par hausse des prélèvements sur les ménages, sont considérables (1650 euros en moyenne par foyer en 3 ans selon l’OFCE). Il suffit d’écouter les témoignages des Français aux revenus modestes qui racontent ce qu’ils vivent : ici, des familles ouvrières contraintes de limiter encore leurs dépenses pour faire face à leurs impôts augmentés ; là, un petit retraité devenu imposable incapable de retenir ses larmes devant le fonctionnaire de la trésorerie ne pouvant lui accorder assez de délai. Ceux qui nient l’existence de l’austérité en prétendant que les salaires n’ont pas baissé (heureusement!) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens. Cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s’estiment bernés, trahis, et abandonnés. Cette situation explique aussi pourquoi l’économie française ne repart pas, plus de 7 ans après la faillite de Lehman Brothers, alors que les économies du monde entier ont redémarré fortement depuis déjà 2 ans. On comprend aussi pourquoi les faillites d’entreprises en France (plus de 60 000 par an) ne diminuent toujours pas. Or, la montée exponentielle du chômage qui en résulte -presque 600 000 chômeurs de plus en 3 ans ! – est directement corrélée à la montée exponentielle du Front National (+10 points). Il suffit de comparer les chiffres électoraux et les chiffres économiques dans les territoires. Dans les territoires où les difficultés économiques se sont accrues, où le sentiment d’abandon a augmenté, le FN a progressé de façon spectaculaire. L’absurde conformisme bruxellois de la politique économique de la France actuelle est devenue une gigantesque fabrique à suffrages du Front National.

 

Ainsi, le conformisme politique est désormais devenu le principal adversaire du renouveau économique du pays. C’est lui qui nous paralyse, et chaque mois qui passe le rend de plus en plus insupportable. Car au fil des élections nationales et des alternances, les Français votent en conscience pour la « rupture » ou le « changement » mais s’aperçoivent que la politique économique -donc européenne- qui s’ensuit est toujours la même. Tout Président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne. Et voici des années que cette comédie de l’impuissance publique dure, pour bientôt finir par engloutir la démocratie dans notre pays.

 

Pour éviter le désastre de nouvelles progressions du Front National, il est donc indispensable d’agir sur ses causes. Agir, cela veut dire lui retirer des arguments qui font de lui une utilité pour des Français -y compris de gauche- qui se tournent vers lui pour obtenir le changement qu’ils désespèrent d’obtenir des alternances successives. Agir, cela veut dire ne pas faire payer la facture des déficits publics créés par les errements de la finance privée dans la crise, par les classes moyennes, ce qui est massivement le cas pour l’instant. Cela veut dire se battre pour la croissance en interrompant les politiques absurdes, inefficaces, et anti-économiques de Bruxelles, et rendre sous forme de baisse d’impôts ce qui a été lourdement prélevé sur les ménages (plusieurs dizaines de milliards d’euros). Cela veut dire ne plus se laisser faire par Berlin et Bruxelles et changer la politique économique nationale et européenne. Ce sont là des propositions de bon sens qui ont été portées par de nombreux économistes français, européens et parmi également les plus prestigieux du monde comme plusieurs Prix Nobel d’économie, ce sont là des propositions qui ont été soutenues par les plus grandes institutions économiques mondiales, comme le FMI et l’OCDE, certains des plus grands gouvernements du monde comme le Gouvernement américain, contre l’avis des  forcenés du même dogme. Tous ces observateurs et acteurs -dont nous sommes- qui se sont battus pour cette politique alternative, là où ils étaient, attendaient le réveil de la France. Nous l’attendons toujours.

 

Est il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? Est il encore possible d’éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France ? Oui, nous croyons qu’il n’est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une  politique différente et innovante.

 

Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu’ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs). En prétendant qu’ « il n’y aurait pas d’alternative», alors qu’ils ont été choisis par la population pour en trouver une, ils ont rallié le credo péremptoire lancé par les vieux conservateurs européens menés par Margaret Thatcher : « There is no alternative ». Élue pour faire baisser massivement le chômage, la gauche de Gouvernement a rallié en deux mois de pouvoir les exigences destructrices de l’austérité, lesquelles ont fait … augmenter massivement le chômage.

 

Il faut refuser de se contenter d’attendre que la croissance revienne, comme s’il s’agissait d’un phénomène météorologique ou du cycle des saisons. Il faut refuser de se féliciter quand est annoncée, pour 2015, une progression du PIB de 1% environ, après trois années de croissance zéro. Ce n’est pas suffisant pour faire baisser le chômage – ce que les chiffres mensuels de Pôle Emploi établissent avec une cruauté implacable – et c’est surtout un «effet d’aubaine», engendré par trois facteurs indépendants de la volonté du gouvernement : la chute du prix du pétrole, la baisse de l’euro par rapport au dollar, la faiblesse historique des taux d’intérêts, trois phénomènes non durables, par ailleurs. Nous proposons de construire, dans le peu de temps qui reste, une coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d’impôts en faveur des ménages dans tous les pays, acceptant que les déficits soient résorbés par la croissance mais non pas par l’austérité, laquelle empêche précisément de réduire les déficits.

 

La difficulté n’exclut pas le courage. Il existe une fierté d’être français, une volonté de réussir ensemble. Notre peuple est beaucoup plus conscient des difficultés que ne le pensent ses dirigeants. Il est prêt à faire des sacrifices mais il lui faut un dessein collectif, partager un projet ambitieux, retrouver une part de rêves et toujours chercher à les réaliser. Il est prêt à entendre la vérité et à faire mouvement. Il l’a réclamé. Il est las de s’être menti à lui-même, à travers ses représentants qu’il a désignés. Chacun a bien compris qu’il est désormais impensable qu’il se laisse prendre en otage par des professionnels des appareils politiques et que rien d’innovant, rien de différent de la sempiternelle répétition de la même erreur, ne se produise dans une grande Nation politique comme la nôtre. Les Français, qui composent un grand peuple, ne l’accepteront pas, et c’est déjà sur cette base là qu’ils chercheront à se rassembler et à surprendre comme ils savent si bien le faire.

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92 Réactions

  1. CHÔMAGE : QUE FAIRE POUR LE COMBATTRE ?

    I – CONSTAT :

    La dernière chose qui ait créé des emplois en France, et bien c’était l’application de la loi sur les 35 heures !
    Savez-vous pourquoi ?

    1 – les RTTs ont certainement permis de relancer un peu la consommation dans le pays.
    2 – C’était la première fois depuis bien logntemps qu’une réforme ne s’attaquait pas à une catégorie de gens au détriment d’une autre, mais à toutes simultanément !

    Le gros défaut des dirigeants politiques de tous bords, à mon humble avis, est de vouloir catégoriser les chômeurs :

    - Un jour, on va s’attaquer au chômage des jeunes,
    - Un jour, ce sera à celui des anciens,
    - Un autre à celui des chômeurs de longue durée, etc.

    Mais ce qu’ils oublient en agissant ainsi, c’est que :

    - Chaque fois qu’un effort sera fait pour favoriser l’emploi d’une catégorie de chômeurs,
    - Ça se fera toujours au détriment de toutes les autres catégories !

    Petit clin d’œil à la loi EL KHOMRI : S’il est vrai que cette loi s’attaque à tout le monde, il n’en est pas moins vrai que le résultat en sera une augmentation des licenciements pour toutes les catégories de salariés et qu’au final, elle favorisera.. LE CHÔMAGE POUR TOUS !

    II – SOLUTION PROPOSEE :

    Rembourser aux entreprises qui auront créé de l’emploi, une partie des charges patronales payées l’année précédent celle où elles auront créé de l’emploi, ceci selon le nombre d’emplois créés par rapport au nombre d’employés de ces sociétés.

    Deux exemples pour illustrer ma proposition :

    1 – Si une entreprise avait 5 salariés fin 2015 et que, fin 2016, elle en a 6, soit un de plus, on lui rembourserait en 2017 un cinquième, soit 20% des charges patronales qu’elle avait versées à l’Etat en 2016.

    2 – Si une autre entreprise ayant 1000 salariés en 2015, en compterait 100 de plus fin 2016, on lui rembourserait en 2017 100/1000 soit 10% des charges patronales payées par elle en 2016.

    Il va de soi que le rachat d’entreprises n’entrerait pas en ligne de compte : seule la véritable création d’emplois serait récompensée.

    QUI PAIERAIT ?

    Tout le monde, à savoir :

    - Les communes
    - Les départements
    - Les régions
    - L’Etat.

    Comment cela fonctionnerait-il ?

    - Chaque mairie s’occuperait des entreprises situées su sa propre commune, selon un budget prévu à l’avance.
    - Lorsque ce budget serait dépassé, elle ferait appel au département,
    - Lorsque le budget du département serait dépassé à son tour, il ferait appel à la région,
    - Enfin, lorsque la région aurait elle aussi dépassé son budget initial, elle ferait appel à l’Etat.

    Combien cela coûtera t-il ?

    1 – Selon le Figaro (lien suivant), en France, lorsqu’un salarié touche 100 euros nets, son patron devra payer 135 euros en plus, dont 79 (nous dirons 80 pour arrondir mes calculs) de charges dites
    Patronales. Dans le même article, on apprend qu’en 2015, le salaire net annuel moyen en France était de 24 000 euros.

    http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2015/07/29/29006-20150729ARTFIG00006-en-france-pour-100-euros-nets-il-faut-235-euros-de-salaire-super-brut.php

    2 – Sur le lien suivant, on apprend que le nombre d’actifs dans notre pays en 2015 était de plus de 28,6 millions. Selon l’Etat, il y aurait 3,5 millions de chômeurs, selon le lien suivant, la réalité serait qu’il y en ait 5,5 millions.

    http://www.usinenouvelle.com/editorial/le-vrai-taux-de-chomage-en-france-c-est-19-2.N310181

    Prenons les chiffres les moins favorables afin de connaître le coût TOTAL de l’aide à apporter :

    - Nous avons vu que chaque fois qu’un patron payait 100 euros de salaire net pour un salarié, il devait ajouter 80 euros de charges patronales.
    - Nous avons vu aussi que le salaire net annuel moyen était de 24 000 euros, soit 240 fois 100 euros.
    - Nous en déduisons donc qu’en moyenne on aura 240 fois 80 euros de charges patronales payées pour un salarié chaque année.
    - Or, il y a 28,6 millions d’actifs, ce qui entraine qu’il y a 240 fois 80 fois 28,6 000 000 d’euros de charges patronales payées par an dans notre pays.
    - S’il y a effectivement 5,5 millions de vrais chômeurs en France et que ça représente 19,2% de la population active, on en déduit que pour éradiquer le chômage en une année, cela coûterait au total :

    240 X 80 X 28,6 000 000 X 19,2 / 100, soit en prenant au plus large (pour faciliter mes calculs) :
    240 * 80 * 28 600 000 * 20% = 109 824 000 000 soit près de 110 milliards d’euros.

    Si vous vous donnez 10 ans pour éradiquer le chômage, ça coûterait finalement environ 11 milliards par an, et ce serait dégressif d’année en année, vu que le chômage baisserait, à répartir entre communes, départements, régions et Etat ! Je ne sais pas combien coûte le chômage chaque année, mais si on prenait le salaire moyen, ça donnerait 24 000 * 2/3 * 3,5 millions = 56 milliards.

  2. DECLARATION A NOS FEMMES ET HOMMES POLITIQUES. Réforme des charges sociales pour une meilleure compétitivité des entreprises. Le fait qu’elles soient supportées uniquement par le travail restreint l’assiette des cotisants, hors tout le monde a besoin de la protection sociale. C’est pourquoi il est temps de supprimer certaines cotisations du travail et de les remplacer par une taxe sur tous les transactions commercial comme la tva. Ce qui permettrait d’élargir l’assiette de contribution social, vu que cette taxe ferrait rentrer aussi les produits d’importation dans cette contribution. Cella impacterait peu les prix car seul le consommateur final pait tous, mieux encore le pouvoir d’achat des salariés serais augmenté d’en moyenne de 10% valeur de la part salariale retenue. Seul le chômage, les indemnités d’arrêt de travail pour maladie ou accident, ainsi que la retraite complémentaire resteraient à la charge des entreprises et salariés. Cela permettrait aux entreprises d’exporter beaucoup moins cher et donc plus compétitives. Pour ce qui concerne les prix les produits français baisseraient légèrement, en revanche les produits d’importations augmentaient. De cette manière au niveau du commerce international on ne peut nous accuser de protectionnisme. Pour toutes ses raisons simples je pense que c’est la seul façon de sortir la France de la crise. Je ne comprends pas pourquoi, vous les énarques, vous ne cherchez pas dans cette direction. Dans l’attente d’une raiponce. M. TRALONGO Georges d’Avignon.

  3. Le coût du travail n’est pas la seule dimension à prendre en compte.

    Simplifier l’embauche comme la fin de contrat sans risquer les prud’hommes
    Mettre la valeur travail au centre de la relation « employeur /employés  »
    Développer ses compétences professionnelles est aussi une façon de « se réaliser  »

    Voici a mon avis des moyens pour que les employeurs n’aient plus peur de recruter.

    Il faut distinguer les problématiques des entreprises du CAC 40 et celles des TPE , commerçants et artisans.

    Qui maille le territoire et maintient l’emploi local ?
    Qui reste le plus fragile ?

  4. les français refusés par d’autres français : oui cela engendre plusieurs grandes colères …………………….Les raisons sont multiples oui les raisons de toutes ces colères

  5. Arrêtez de dire et de croire que le chômage est la raison de la colère. La raison de la colère, c’est le mensonge.
    Depuis 40 ans (j’en ai 53), on nous fait croire qu’on va lutter contre le chomage. C’est faux! On lutte contre des chiffres. Prenez les criteres de 1975 et comptez les chomeurs avec les memes criteres, vous verrez le vrai nombre de chômeurs.
    Personne ne lutte contre le chômage. Mais tout le monde lutte contre des chiffres.
    Lutter contre le chômage c’est par exemple introduire des expériences dans les CV des jeunes diplômés. Grâce à un vrai développement de d’alternance ou de l’apprentissage.
    Ce n’est qu’un exemple.

  6. Pour une prise en charge du chômage juste et dynamique, lire le blog ci- dessus.

  7. Besoin d’un avocat en urgence, merci, les dispositifs étants rendus inopérants…

  8. Bonsoir, je lis avec intérêt vos propositions. Je pense qu’on peut aller, en suivant une partie de vos idées, plus loin d’une façon plus simple. Permettez moi de vous présentez un projet, que je porte depuis quelque temps. Je souhaite pouvoir vous l’adresser, ou mieux, venir vous le présenter. Je suis prêt à prendre de mon temps ( j’habite Colomiers ( 31) pour me déplacer vers vous. Consacrez moi 1 heure, celà , je le pense sincèrement, en vaut la peine. Je retourne mon projet dans tous les sens et ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de fonctionner. J’ai 58 ans, (petit) chef d’entreprise, ce qui, aujourdhui, compte tenu de la complexité du business élargit d’une façon, assez inconfortable d’ailleurs, mon quotidien , je suis actif dans le milieu associatif de ma ville, bref, je ne suis pas un guignol. Investissez 1 heure de votre temps, je suis sûr que, libre penseur comme vous l’êtes, vous aurez envie de développer, et de porter , même, ce projet. Cordialement. François Birolli. 06 20 32 43 04

  9. Il manque une dimension écologique à votre programme.
    Un rapprochement avec Nicolas Hulot serait formidable pour votre candidature

  10. Il faut aller vers la 6e république, élaborer une nouvelle constitution et réviser tous les traités internationaux.

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