Catégorie : campagne présidentielle

jan 20 2012

Montebourg chez Lejaby critique un gouvernement qui n’a « rien fait »

Le socialiste Arnaud Montebourg, envoyé vendredi par François Hollande auprès des ouvrières de Lejaby en Haute-Loire, dont l’usine ferme, a critiqué un gouvernement qui, a-t-il dit, n’a « rien fait » pour empêcher la « désindustrialisation » du pays.

« Nous avons perdu en cinq ans 750.000 emplois industriels, nous avons vu fermer en trois ans 900 usines. Les dégâts sont considérables, le gouvernement n’a rien voulu faire », a-t-il dénoncé devant la presse, après la visite de l’atelier d’Yssingeaux, qui était le dernier du fabricant de lingerie en France.

« Le président de la République est allé dans les usines il y a cinq ans, il a pris les voix des ouvriers et a fait la politique des banques », a-t-il poursuivi, déplorant que le pays se soit « désindustrialisé ».

Le PS propose de « mieux se protéger contre la concurrence mondiale déloyale, mieux se protéger contre les patrons voyous, contre les prédateurs qui reprennent des entreprises pour obtenir des marques et disparaissent pour aller produire ailleurs ».

M. Montebourg, élu de Saône-et-Loire, visait le repreneur de Lejaby, Alain Prost, désigné mercredi par le tribunal de commerce de Lyon, qui garde 194 des 450 salariés en France, au siège à Rillieux (Rhône), et va produire à l’étranger.

« On a trouvé beaucoup d’argent pour financer le système financier en déroute. On ne trouve jamais d’argent pour financer la réindustrialisation de notre pays », a regretté le candidat aux primaires du PS, chantre de la démondialisation, entouré des quelque 90 salariés de l’atelier qui l’ont vivement acclamé.

(source : AFP)

déc 12 2011

Non au Merkozysme oui au patriotisme industriel

extrait de Marianne n° 764 du 10 au 16 décembre 2011

 

Propos recueillis par Gérald Andrieu

Accusé de germanophobie par la droite, le député de Saône-et-Loire se défend et plaide pour une relocalisation industrielle et un désendettement au service de la reconstruction du pays.

 

Marianne : Lorsque vous avez accusé Angela Merkel de mener une « politique à la Bismarck », vous avez été qualifié de « germanophobe » par la droite. Ce qui démontre, de la part de l’UMP, une certaine méconnaissance du personnage – la comparaison n’a d’ailleurs suscité aucune réaction négative en Allemagne. Mais, vous-même, le connaissez-vous vraiment ? Otto von Bismarck était autoritaire et antisocialiste, mais il a posé les jalons de la retraite par répartition et même instauré un protectionnisme salvateur pour son pays.

 


Arnaud Montebourg : Cette expression n’est pas une position. Il s’agissait d’une citation du patron des socialistes allemands, Sigmar Gabriel. En vérité, le débat ne blesse personne là-bas. Il gêne en France parce que la droite veut éviter le débat sur l’alternative à la politique Sarkozy-Merkel – le « Merkozysme » – et à la multiplication des plans d’austérité, cette potion amère que les conservateurs allemands veulent imposer à tout le reste du continent, au risque de suicider économiquement la zone euro. Bismarck, pour faire l’unité allemande à imposé ses solutions à ses voisins européens . C’est ce que fait Mme Merkel : elle a tellement de problèmes intérieurs que, pour les faire oublier, elle impose ses vues de façon nationaliste aux autres Etats de l’Union.

Ne craignez-vous pas d’être accusé de faire preuve d’un patriotisme économique échevelé, voire d’un nationalisme « à la Bismarck », en encourageant aujourd’hui François Hollande à mettre l’accent, à juste titre, sur le « produire français » ?


Il ne faut pas confondre le patriotisme, qui est l’amour de la patrie, et le nationalisme, qui est la haine des autres, disait Jaurès. Notre choix, avec François Hollande, qui développe une campagne de patriotisme industriel, est de relocaliser en France des activités qui sont parties en Chine, de retrouver une industrie productive, de reconquérir les savoir-faire qui ont été abandonnés dans la mondialisation et de tracer un chemin vers un retour à la prospérité. Notre pays est en train de décliner dangereusement. Mais nous ne pourrons pas rapatrier les productions, lutter contre le dumping, s’opposer aux atteintes environnementales et sociales, sans nous organiser au niveau européen. François Hollande lui-même répète qu’il n’est pas pour une Europe offerte. Ouverte oui, mais pas offerte. Le protectionnisme que je propose est le même que celui pratiqué par toutes les grandes nations industrielles. L’Inde vient de suspendre toutes les implantations de grandes surfaces commerciales du type Walmart ou Carrefour sur son territoire. L’Europe doit aussi s’organiser pour se préserver et défendre ses intérêts.

La difficulté d’imposer un label « fabriqué en France » ne réside-t-elle pas dans le fait que la plupart des produits sont aujourd’hui le résultat d’un assemblage international ?


Vous avez raison. On le voit en Allemagne où le Made in Germany s’est transformé en Made by Germany en utilisant la sous-traitance des ex-pays de l’Est. Notre objectif est évidemment d’inventer les produits de demain, les technologies nouvelles liées notamment à la révolution écologique, et non pas de les acheter aux autres. La démondialisation, c’est produire là où l’on consomme. La tablette tactile française Qooq dont la production a été rapatriée dans ma région est bien la preuve que l’on peut produire moins cher qu’en Chine avec des coûts de travail plus élevés et une meilleure créativité.

La droite elle-même avance sur ces sujets. Lors de sa dernière convention, l’UMP a dit vouloir mettre en place une « taxe réciprocité » aux frontières de l’Europe ressemblant au « juste échange » porté par le PS.


Sauf que la droite est au pouvoir depuis dix ans. Elle a fait la mondialisation et l’aggrave. Elle m’a attaqué violemment et de façon grossière sur mon projet de démondialisation. Elle n’a donc aucune crédibilité à vouloir se racheter sur le terrain du protectionnisme.

François Bayrou, lui, n’est pas au pouvoir. Il utilise le « Produire et instruire ». Il en appelle à la mise en place d’un « label France » et voit même dans le fait d’acheter Français une « démarche civique ». Votre proximité est éclatante. Au point de pouvoir gouverner avec lui ?


La réindustrialisation est une grande cause nationale qui, heureusement, transcende les partis politiques. Je ne peux que m’en réjouir. Maintenant, François Bayrou doit faire preuve de clarté. On n’a jamais réussi à percer son mystère. Il faudrait qu’il clarifie ses positions par rapport à la gauche. Mais, dans l’œuvre de redressement national, il n’y a aucune raison de ne pas reconnaître que François Bayrou a raison sur le terrain de l’industrie. Est-ce que cela suffit à gouverner ensemble ? Je ne crois pas. La droite dit qu’il appartient à sa famille politique. Lui-même dit qu’il voudrait mettre dans un même gouvernement François Hollande et Alain Juppé. Il y a du contorsionnisme et de l’obscurité dans ce langage. C’est à lui de faire ses choix et je crois qu’il n’a jamais su bien les faire.

Vous-même, vous avez fait un choix après le premier tour de la primaire, celui de François Hollande. Vous écoute-t-il un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?


Je lui ai apporté mon soutien, dans l’esprit de rassemblement de la primaire. Son désir et sa volonté de réindustrialiser le pays, de remobiliser la société tout entière autour de l’objectif de la création de richesses, sont un acte politique lourd, et je suis heureux qu’il ait entendu ce que je lui disais pendant la campagne et ce que je lui dis depuis qu’il est notre candidat.

Mais il maintient son objectif de ramener le déficit à 3% du PIB, et il a même annoncé un plan de 50 milliards d’euros de redressement budgétaire supplémentaires…


Lors de ma campagne, j’ai défendu un « pacte de désendettement ». Nous avons besoin d’assainir les comptes pour pouvoir faire des projets pour le pays. Nous avons besoin d’argent pour réindustrialiser, reconstruire les services publics, retrouver une agriculture performante, redresser cette France qui est écroulée, ruinée financièrement. Le désendettement n’est pas un objectif en soi, c’est un moyen de realiser ces projets. Je trouve normal qu’un candidat à la Présidence de la République fasse ce choix. La question est de savoir qui paiera ce désendettement ? Pour moi, il est impossible que ce soit les classes moyennes et populaires qui n’ont aucune responsabilité dans la crise. Ce sera au système financier, au système bancaire, de payer et non pas aux gens qui n’ont que leur travail pour vivre.

En n’apparaissant pas dans l’organigramme de campagne de François Hollande, en lui apportant votre soutien seulement par éclipses, ne passez-vous pas à côté du rôle important que vous avait pourtant conféré votre score à la primaire ?


Je ne peux pas vous laisser dire qu’il y aurait des « éclipses » dans mon soutien qui est total. Je n’ai tout simplement pas souhaité être dans l’organigramme parce que je ne suis pas un collaborateur du candidat. je suis un partenaire, exigeant mais loyal, un pilier politique de sa campagne.

oct 19 2011

Lettre à celles et ceux qui m’ont fait l’honneur de me soutenir

Paris, le 19 octobre 2011

 

Chères amies, chers amis,
Chères et chers volontaires,

Je tenais après les événements de la semaine passée à vous remercier pour votre engagement personnel dans cette magnifique campagne qui nous a permis de faire changer le visage de la gauche en France.

Dans cette campagne, à force d’idées et de convictions, nous avons remporté ce qu’il y a de plus prometteur en politique : le combat culturel. Nous avons non seulement imposé nos idées, ainsi que les mots pour les dire, et surtout cette idée que nous pouvions, ensemble, à gauche, rouvrir le champ des possibles. Nous avons, pied à pied, lutté contre les idées que les droites ont pendant si longtemps distillées dans le débat public, qui avaient contaminé nos têtes d’hommes et de femmes de gauche, selon laquelle la France ne serait rien et que nous ne pourrions rien faire dans la mondialisation. Nous n’avons pas gagné arithmétiquement mais gagné culturellement. C’était une étape nécessaire et essentielle. Elle a été franchie grâce à vous.

Je sais votre engagement personnel et les heures passées dans cette campagne, et tenais à vous en remercier personnellement et chaleureusement.

Beaucoup d’entre vous m’ont fait part de leur sentiment d’incompréhension, et pour certains d’entre vous d’abandon, dans le choix qui fut le mien de refuser de donner des consignes de vote, et de décider de voter François Hollande « à titre exclusivement personnel ». Lire la suite »

sept 27 2011

Un nouveau cap pour notre Ecole – communiqué

Les enseignants, les personnels de direction et les personnels administratifs nous font part aujourd’hui massivement de leur mécontentement vis à vis de la politique de la droite qui va vers une destruction systématique du service public de l’Education Nationale.

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy, sous couvert « d’égalité des chances », donne de moins en moins aux élèves des établissements des quartiers populaires (ces établissements ont perdu en moyenne 2,5 % de leurs heures, alors que les plus favorisés ont vu les leurs légèrement augmentés) et diminue régulièrement le nombre de cours à effectifs réduits, déjà très insuffisant.

Des transformations structurelles de notre système éducatif sont nécessaires afin de nous sortir de la stagnation (et même régression) éducative à laquelle fait face notre Nation depuis les années quatre vingt dix. Il nous faudra tout mettre en œuvre pour en finir avec l’échec scolaire et élargir et diversifier notre élite. Il nous faut mettre en place un système plus juste et plus performant. Nous le devons à notre jeunesse.

Je propose que chaque élève, de la classe de grande section de maternelle à la classe de terminale ait un quart de son temps scolaire dans un groupe à effectif réduit. Cela permettra aux enseignants d’aller au plus près des besoins des élèves et de les faire progresser. Je propose également que chaque élève ait le droit à de l’aide aux devoirs au sein de l’établissement. Ce sont des mesures sans précédent depuis la Loi Haby (1975), notamment dans le primaire, et nous mettrons tous les moyens humains et matériels nécessaires à leur mise en place.

D’autres transformations seront nécessaires (rythmes scolaire, formation et carrière des enseignants et des encadrants, école commune, lycée polyvalent). Je les développe dans mon livre « Mon projet pour l’école » à télécharger sur arnaudmontebourg2012.fr.

sept 24 2011

Ce que François Fillon ne vous dit pas…

Monsieur Fillon vient de faire une déclaration enjoignant aux Français de se soumettre à la politique de régression des droits sociaux et des salaires que Berlin a fait subir aux Allemands. Le Premier Ministre imagine qu’une « convergence franco-allemande » est souhaitable en la matière et qu’il est urgent pour la France de se conformer aux lubies de Madame Merkel.

L’Allemagne est, je le répète, un contre-modèle, un anti-modèle, basé sur la stagnation salariale et le développement exponentiel du travail précaire. Cyniquement la droite allemande mise sur l’euro (trop) fort alors qu’il étouffe la croissance chez ses partenaires. Alors qu’elle a réalisé ses excédents sur tous ses voisins européens (hors République Tchèque ou Hongrie, devenus les pays manufacturiers du « Made by Germany »), l’Allemagne joue l’égoïsme dès qu’il s’agit d’établir une véritable solidarité européenne. Au mieux, Madame Merkel réagit-elle avec un retard considérable sur la question des eurobonds. Le problème de l’Allemagne est qu’à terme, elle paiera elle aussi cette politique suicidaire pour l’Europe. Elle est dans une contradiction majeure : elle refuse de sauver l’euro mais l’implosion de la zone euro lui coûterait énormément.

Cette politique, que François Fillon propose de suivre, est en effet inepte car elle ne permet pas de faire face aux défis liés aux dettes grecques, italiennes ou espagnoles. D’ici à la fin de l’année la moitié des 21% de chômeurs espagnols seront en fin de droit. Le total des dettes espagnoles est d’environ cinq fois le PIB espagnol tandis que le total des dettes grecques est de l’ordre de trois fois et demi le PIB hellénique… Sauver l’Espagne sera une tâche bien plus ardue que de « sauver » la Grèce.

Ce n’est pas en collant aux régressions sociales allemandes que l’on va retrouver le chemin de la croissance, c’est en s’attaquant à la toute puissance des marchés financiers.

Il faut donc un plan de sauvetage d’urgence de la monnaie unique.

Le drame de cet aveuglement sur la crise monétaire à venir est aussi qu’il révèle l’incapacité totale de nos gouvernants à avoir un cap, une ligne politique et une vision véritable de l’avenir. François Fillon me fait penser à ces grands féodaux du XVIIème siècle qui n’avaient de cesse de chercher en Espagne ou en Allemagne la politique à imposer à leur peuple, le plus souvent contre ses intérêts et ceux du pays mais à leur bénéfice exclusif propre. Balloté par les événements, le gouvernement se mue peu à peu en syndic de faillite de sa propre politique quand le Président de la République joue l’emphase sur la scène internationale pour faire passer son agitation pour de l’action.

François Fillon doit donc répondre à une simple question : a-t-il conscience que l’actuelle politique du gouvernement, à la remorque d’une CDU-CSU finissante est déjà condamnée ?

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